Europe

L’initiative ELECTRA

La FIEEC a remis en avril 2012 au Vice-président et Commissaire européen en charge des Entreprises et de l’Industrie, Antonio Tajani, son rapport ELECTRA - The Smart World. Ce Rapport est le fruit de plusieurs mois de travail entre la Commission européenne et les différents représentants européens de notre industrie, fédérés par ORGALIME à Bruxelles.



Publié en juin 2008, le rapport ELECTRA, premier du nom, était le fruit d’une forte collaborationentre les industriels européens du secteur électrique et électronique et la Commission européenne. Celle-ci avait qualifié l’approche commune et stratégique des industriels « d’exemplaire ». Un certain nombre d’éléments du Rapport se retrouve d’ailleurs aujourd’hui dans la Stratégie Europe 2020, stratégie qui guide les actions de la Commission européenne pour les prochaines années.

Fort de ce constat, le rapport ELECTRA « The Smart World » encourage la Commission à aller plus loin dans les domaines de l’efficacité énergétique, de l’électromobilité, des infrastructures numériques, de la rénovation des bâtiments, des équipements e-santé ou encore des smart grids, par le biais de douze recommandations clés.

Le rapport ELECTRA « The Smart World » s’inscrit dans la continuité de cette démarche. Quatre ans après la publication du premier rapport, il en dresse un premier bilan. Ainsi, si des avancées ont bien eu lieues, des améliorations restent néanmoins à être apportées, notamment dans la mise en œuvre des conclusions d’ELECTRA :

  • Une prise de conscience et une mise en œuvre à amplifier dans les Etats membres ;
  • Des plans nationaux d’efficacité énergétique pas assez ambitieux, eu égard à la disponibilité des produits, systèmes et solutions offerts par les acteurs de notre profession ;
  • Une révision insuffisante de la directive sur la performance énergétique des bâtiments ;
  • Une lente progression du développement des smart grids ;
  • Un manque d’instruments financiers adéquats en faveur de l’industrie électrique, électronique et de communication.

Les douze recommandations clés d’ELECTRA II :

  1. Smart Life : L’Union européenne doit lancer un vaste programme de rénovation de ses infrastructures de réseaux (électriques, télécoms, numériques…) pour répondre aux défis sociétaux de demain.
  2. Smart People : L’attrait des étudiants envers les sciences et les technologies doit être encouragé, notamment au moment de l’orientation dans les cursus secondaires.
  3. Smart Cities : L’industrie européenne peut accompagner les villes à devenir intelligentes. Pour cela, des investissements dans la rénovation des infrastructures existantes au moyen d’outils de financement innovants devront être encouragés. Notamment, un accent devra être mis sur les infrastructures électriques et numériques qui vont gérer un nombre croissant de données.
  4. Smart Grids : L’Europe doit investir dans les smart grid et favoriser des projets phares transfrontaliers en ce sens.
  5. Smart Buildings : La rénovation des équipements électriques des logements et des bâtiments doit s’accélérer pour s’adapter aux nouvelles technologies, aux  nouveaux besoins d’équipements intelligents et à des nouveaux modes de consommation.
  6. Smart Lighting : Les villes doivent investir dans leurs systèmes d’éclairage publics (LED et OLED) pour répondre aux objectifs d’efficacité énergétique, de développement durable et de qualité de vie.
  7. Smart Mobility : La question de la mobilité et des transports nécessite de nouvelles solutions et des systèmes de transports multimodaux.
  8. Smart Safety and Security : Les normes de sécurité des infrastructures doivent être renforcées dans toute l’Europe.
  9. Smart Financing : Le financement des technologies bas carbone représente une opportunité pour le développement de nouveaux outils de financement, afin d’accompagner la croissance du secteur.
  10. Smart Health : Un plan d’action européen sur la e-santé soulignant les étapes concrètes sur l’impact financier et non-financier des technologies doit être mis en place, afin d’une part de déployer des schémas de e-santé et d’autre part de prévoir les mécanismes de sécurité sociale qui y sont liés.
  11. Smart SMEs : Les PME ayant une forte intensité de recherche doit être valorisées grâce à des mécanismes favorisant l’accès au financement et aux programmes de R&D (simplification des procédures). L’action des clusters doit être soutenue, notamment pour les actions valorisant la R&D et l’innovation.
  12. Smart Standards : La représentation des PME dans le système de normalisation doit être encouragée.

La Commission européenne examine actuellement ce rapport qui devrait faire l’objetdeconclusions du Conseil Compétitivité au mois de septembre 2012.

Un partenariat fort et pérenne entre les industries françaises et allemandes

En juin 2011, la FIEEC et son homologue allemand le ZVEI (Zentralverband Elektrotechnik‐ und Elektronikindustrie e.V) ont tenu leurs premières assises franco-allemandes dans le cadre prestigieux de l’Hôtel de Lassay à Paris.Rassemblant décideurs politiques et grands patrons français et allemands de l’industrie électrique et électronique, ces Assises ont été l’occasion de débattre sur les réponses que peuvent apporter les industriels sur les grands enjeux sociétaux (efficacité énergétique, smart grid, électromobilité, dépendance, télésanté…) et sur les conditions du succès pour la croissance et l’emploi.
A l’issue de cette rencontre, la FIEEC et le ZVEI ont co-signé une déclaration politique appelant à développer une stratégie industrielle forte en Europe. Insistant sur la nécessité de lancer de grands programmes autour des infrastructures électriques (smart grid) ou numériques (très haut débit), la déclaration met en avant le rôle stratégique de la normalisation électrotechnique, l’indispensable sécurisation des approvisionnements stratégiques pour l’industrie ou l’exigence de la mise en œuvre d’une réglementation pro-industrielle en faveur de la croissance et de l’emploi sur nos territoires. Enfin, la réciprocité des échanges sur la scène internationale et la promotion des bonnes pratiques en matière de responsabilité sociétale des entreprises restent des éléments essentiels pour la compétitivité européenne.

En mai 2012, une forte délégation – composée d’industriels et de syndicats membres – s’est rendue à Berlin pour les 2èmes assises franco-allemandes de la FIEEC et du ZVEI. Cette deuxième édition a permis de donner une suite opérationnelle au partenariat initié l’année précédente à Paris, et d’orchestrer la montée en puissance des synergies franco-allemandes à venir, notamment dans la foulée des conclusions du rapport ELECTRA. Au cours de ces assisses, clôturées par la chancelière allemande Angela MERKEL, les grands enjeux d’avenir capables de générer de la croissance productive en Europe – notamment l’énergie, la santé ou la sécurité – ont été au cœur des discussions.
A cette occasion, un Memorandum of Understanding a été signé avec le ZVEI sur le déploiement d’un projet smart grids franco-allemand (réseau électrique intelligent). Ce MoU a été remis au Commissaire européen à l’Energie, Günther OETTINGER.

D’ores et déjà, la prochaine édition de ces Assises est en cours de programmation afin de poursuivre ces travaux communs et d’amplifier leur impact. La FIEEC et le ZVEI souhaitent avancer de concert avec les décideurs politiques pour permettre à cette filière industrielle européenne d’excellence de concrétiser les opportunités de croissance productive générées par des projets d’avenir d’intérêt commun.